L’onagre a été importée en europe à partir de 1614. Elle était alors surnommée « la panacée au roi » par ceux qui connaissaient ses propriétés curatives. Tout au long du 20ème siècle, des chercheurs se sont intéressés à ses utilisations et plus particulièrement à son action sur la santé humaine.
UNE EFFICACITÉ PARFOIS MAL EXPLIQUÉE
L’huile d’onagre est connue pour son efficacité dans diverses pathologies. Nombreuses sont les utilisations qui découlent de découvertes empiriques. Toutefois dans la deuxième partie du 20 ème siècle, des chercheurs comme le Docteur Horrobin, se sont intéressés aux raisons biologiques de cette efficacité. La fin du siècle dernier a permis des avancées importantes dans la compréhension de ses mécanismes d’action.
DES OMEGA 6 IRREMPLAÇABLES
L’huile extraite des graines d’onagre est très riche en acides gras essentiels de la famille oméga 6 : Acide linoléique (LA) et acide gamma linolénique (GLA). Les oméga 6 ont souvent mauvaise presse, il est vrai que l’acide arachidonique aux effets pro-inflammatoires appartient à cette famille. Toutefois, l’apport de certains des oméga 6 sont essentiels car ils ne peuvent être synthétisés par l’organisme. En particulier, LA et GLA ont, au contraire, de précieux effets anti-inflammatoires.
DAVID HORROBIN : LE «DÉCOUVREUR» DES PROSTAGLANDINES
David Horrobin a profondément marqué l’histoire de l’onagre. Fervent défenseur des acides gras et en particulier du GLA, il est né en 1939 et a étudié à Oxford. Médecin, Docteur en neuroscience, il a débuté ses recherches sur les acides gras essentiels en 1972 à l’université médicale de Newcastle et les a poursuivies sur les AGE et les prostaglandines à l’université de Montréal. Il était passionné par la biochimie des lipides et ses utilisations thérapeutiques dans les maladies humaines.En 1979, il a créé le laboratoire Efamol pour exploiter ses recherches, en particulier celles concernant l’huile d’onagre. Pendant 18 ans, son approche innovante a permis de découvrir de nombreux produits à base de lipides efficaces dans le traitement de certaines pathologies.
Tout au long de sa vie, il s’est concentré sur les fonctions physiologiques des oméga 6. Ses recherches sur les bénéfices du GLA ont fait progresser les connaissances sur les lipides.
Son impressionnante bibliographie —plus de 900 articles— a permis de faire évoluer la prise en charge de nombreuses pathologies.
Sa contribution à l’avancée de la science ne s’arrête pas là puisqu’il a créé deux revues scientifiques : Medical hypothesis and prostaglandins et Leukotriens and essential fatty acids. Il a poursuivi ses recherches sur les acides gras essentiels, jusqu’à sa mort en avril 2003.
L’ONAGRE, SOURCE UNIQUE D’ACIDES GRAS ESSENTIELS
Les acides gras essentiels ont de multiples fonctions dans l’organisme, ils participent, entre autres, à la régulation de la température, la production d’énergie, l’isolation des nerfs et protègent les tissus. Ce sont aussi des composants importants de la membrane cellulaire nécessaires au maintien de sa structure. Ils sont aussi précurseurs de métabolites qui ont un rôle importantdans le fonctionnement de l’organisme.
Par ailleurs une carence en AGE peut entraîner des troubles très variés aussi bien au niveau des muqueuses que du système cardiovasculaire ou du système immunitaire.
Apporté par une alimentation équilibrée, le LA n'est souvent pas métabolisé en GLA à cause des déficiences de la delta 6 désaturase, qui sont très fréquents. il est alors nécessaire de se supplémenter en GLA, indispensable à la production de PGE1 endogènes qui inhibent et équilibrent l'action des PGE2.LA DELTA 6 DÉSATURASE : LA CLÉ DU MÉTABOLISME
L’organisme est uniquement capable de métaboliser les acides gras de forme cis et non ceux de forme trans, qui sont souvent issus de transformations industrielles.
L’huile d’onagre est une source essentielle d’acide linoléique de forme cis qui n’a pas une activité biologique notable. Pour être actif, il doit être métabolisé par la Δ6 désaturase et ainsi converti en éléments biologiquement actifs.
Toutefois, il existe des conditions dans lesquelles l’activité de la delta 6 désaturase peut être insuffi sante :
- les excès d’acides gras saturés ou d’alcool
- de nombreuses pathologies en empêchent le bon fonctionnement comme :
Le diabète, le vieillissement, les carences en zinc, les infections virales, les irradiations, le cancer.
LES PROSTAGLANDINES
"Je crois que dans les 10 années à venir, nous avons une chance avec l’apport des prostaglandines de révolutionner à la fois la pratique de la médecine et de la biologie." —David HorrobinIl existe 3 séries de prostaglandines PG1, PG2, PG3. Chaque série en regroupe différents types (A à F). Les séries 1 et 2 proviennent du LA alors que celles de la série 3 proviennent de l’EPA (acide eicosapentaenoique, famille des omega 3) généralement apporté par les poissons gras et les fruits de mer. Les prostaglandines n’ont pas toutes les mêmes effets biologiques, certaines ont des effets biologiques bénéfiques sur la santé alors que d’autres sont néfastes. Ainsi les PGE1 ont des effets bénéfiques qui seront en partie détaillés dans la suite de ce numéro. Les PGE2 sont impliquées dans un grand nombre de pathologies.
Cette différence entre leurs actions tient au fait que les PGE1 ont une action anti-inflammatoire alors que celle des PGE 2 est pro inflammatoire.
LES PGE1 ONT PLUSIEURS MODES D’ACTION :
- Dilatation des vaisseaux sanguins
- Diminution de la pression artérielle
- Inhibition des thromboses
- Elévation de l’AMPc
- Inhibition de la synthèse du cholestérol
- Activation des Lymphocites t
- Obstacle à l’agrégation plaquettaire
- Obstacle à la prolifération de cellules anormales
- Anti-inflammatoire
Les PGE1 trouvent leur efficacité biologique dans leur action inhibitrice des cyclo et lipo-oxygénase. Ces enzymes aboutissent à des processus inflammatoires, agrégants et supports aux allergies.
LA PROSTAGLANDINE E1 DANS L’ORGANISME
SYSTÈME NERVEUX- Régulation des neurotransmetteurs et de leur action post-synaptique
SYSTÈME IMMUNITAIRE
- Stimulation de lʼhormone thymique
- Activation des lymphocytes “T” défaillants
ÉPIDERME
- Contrôle la sécrétion de sébum
MÉTABOLISME
- Agit comme lʼinsuline et renforce son action
- Empêche le proliféra-- tion des cellules anormales
ACTION ANTI-INFLAMMATOIRE
- Inhibition des enzymes lysosomiales
- Limite la synthèse et l'action des PGE2
GLANDES SALIVAIRES ET LACRYMALES
- Augmentation des sécrétions
SYSTEME CARDIO-VASCULAIRE
- Effet hypotenseur
- Élévation du cycle AMP limitant la synthèse du cholestérol
GLANDES MAMMAIRES
- Compensation des effets de la prolactine
SYSTEME ENDOCRINIEN
Régulation des oestrogènes, de la progestérone et de la prolactine en phase lutéale du cycle menstruel
MUQUEUSE VAGINALE
- Augmentation des sécrétions
